L’expression de l’hypothèse, de la concession et de l’opposition

Publié le par classe 3°6 collège boris vian

Le système hypothétique

Définition :

Une hypothèse consiste à associer deux faits : la réalisation de l'un dépendant de la réalisation de l'autre qui en est donc la condition.

Ex : Si tu restes tout à fait silencieux // tu pourras observer l'activité de l'écureuil.

Fait A                                                 Fait B

La réalisation du fait A est la condition nécessaire pour permettre la réalisation du fait B. On appelle système hypothétique un couple formé par deux propositions dont l'une est la condition de l'autre.

Les nuances dans le système hypothétique

L'emploi de modes verbaux et de temps différents sert à introduire des nuances dans le système hypothétique.

1. Verbe principal à l'indicatif

L'hypothèse est présentée comme réalisée ou réalisable avec certitude.

Ex : Si tu le souhaites, nous partirons en vacances au Portugal.

Ex : Si on se donne la peine de monter jusqu'ici, on est subjugué par la beauté du site.

Ex : Si le temps le permettait, nous sortions en mer.

2. Verbe principal au conditionnel (présent ou passé)

Ce mode a pour effet de placer l'hypothèse à l'écart de toute réalité, on en reste au niveau du virtuel. Trois valeurs sont traditionnellement dégagées.

Le potentiel : l'hypothèse est tournée vers l'avenir, sa réalisation est incertaine, mais possible.

Si + imparfait // conditionnel présent

Ex : Si tu venais avec moi au cinéma, j'en serais ravi.

L'irréel du présent : l'hypothèse est en contradiction avec la situation vécue.

Si + imparfait // conditionnel présent

Ex : Si j'avais dix ans de moins, je serais encore à l'école.

L'irréel du passé : l'hypothèse est en contradiction avec une situation passée.

Si + plus-que-parfait // conditionnel passé

Ex : Si j'avais su, je ne serais pas venu.

L'hypothèse explicite

Pour exprimer un rapport logique d'hypothèse de façon explicite, on utilise :

● La subordonnée conjonctive circonstancielle introduite par si ou par des locutions conjonctives accompagnées du subjonctif (à condition que, pourvu que, pour peu que, à supposer que...) ou du conditionnel (au cas où, dans l'hypothèse où...).

GN accompagné d'une préposition ou d'une locution (à, en, avec, sans, en cas de, à moins de...)

Ex : En cas de panne, vous devez vous arrêter sur la bande d'arrêt d'urgence.

Le groupe infinitif construit comme le GN.

Ex : À condition de ne pas tricher, tu peux venir jouer avec nous.

L'hypothèse implicite

On peut utiliser les procédés étudiés dans le chapitre précédent : GN ou adjectif ou participe détaché, gérondif, subordonnée relative ou participiale.

Dans le cas où on choisit la juxtaposition de deux propositions indépendantes, la condition est toujours exprimée par la première, qui peut être de type interrogatif ou injonctif.

Ex : Une petite faim ? Tout a été prévu pour vous restaurer.

Opposition et concession

Définition :

L'opposition consiste à rapprocher deux faits pour souligner une différence ou une contradiction entre eux.

On parle plutôt d'opposition quand les deux faits forment un contraste.

Ex : Ma sœur est passionnée par la littérature tandis que mon frère s'y intéresse peu.

On parle de concession, si un des faits gêne la réalisation de l'autre, sans l'en empêcher.

Ex : Bien qu'elles soient encore chères, j'ai acheté des fraises sur le marché.

Exprimer une concession fait partie de la stratégie argumentative : on accepte dans un premier temps un argument qu'on désapprouve afin de mieux le réfuter ou l'écarter ensuite.

Ex : Une guerre, bien qu'elle constitue parfois une solution efficace, ne doit être engagée qu'en dernière extrémité.

Le lien d'opposition explicite

Pour exprimer un rapport logique d'opposition de façon explicite, on utilise :

1. La subordonnée conjonctive circonstancielle introduite par une conjonction ou une locution : quoique, bien que, au lieu que, même si, encore que...

2. La proposition indépendante coordonnée par une conjonction, un adverbe ou une locution : mais, or, pourtant, néanmoins, par contre, en revanche, cependant...

3. Le GN introduit par une préposition ou une locution : malgré, en dépit de, contrairement à...

4. Le groupe infinitif construit comme le GN :

Ex : Au lieu de nous accompagner, tu resteras pour faire tes devoirs.

Remarque : en langage soutenu on utilise aussi des subordonnées conjonctives introduites par « que » en liaison avec un adverbe (si, tant, tout, quelque...), ou relatives à valeur indéfinie (quoi que, qui que, où que...).

Ex : Si naïf qu'il soit, j'ai confiance en son jugement

Ex : Quoi qu'il dise, il aura toujours tort.

Le lien d'opposition implicite

On peut employer les mêmes procédés que pour les autres liens logiques : GN ou adjectif ou participe détaché, gérondif (précédé de l'adverbe « tout »), subordonnée relative ou participiale.

La simple juxtaposition de propositions indépendantes est également possible.

Ex : On lui dit de venir, il part à toute allure.

Les figures d'opposition : antithèse et oxymore

L'antithèse consiste à exprimer une opposition grâce aux ressources du lexique, c'est-à-dire avec des mots antonymes (vrai/faux, malheur/bonheur...), ou des mots que le contexte oppose (verdure/béton, eau/feu...).

Une phrase comportant une antithèse est souvent fondée sur la symétrie et l'équilibre des groupes de mots.

Ex : À la campagne, les gens vivent à leur rythme, en ville ils sont souvent très tendus.

L'oxymore est un cas particulier d'antithèse qui juxtapose deux mots contradictoires dans une même expression.

Ex : Cette petite grande âme... (V. Hugo)

Ex : Cette obscure clarté qui tombe des étoiles. (V. Hugo)

Ex : Ma tranquille fureur qui cherche à se venger. (P. Corneille
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