Lettre de Poilus

Publié le par classe 3°6 collège boris vian

Verdun, le 10 Novembre 1915, 21h16

 

 

Ma chère Margherite,

 

Je t'écris cette lettre car j'ai été victime d'un accident au front , c'est pour cela que je vais bientôt revenir dans notre village. Ne te fais pas de soucis pour ma blessure, elle n'est pas très grave mais j'ai tout de même reçu une balle dans la fesse gauche.Celle-ci me lance à chaque instant mais le faîte de penser à toi m'enlève cette souffrance permanente.Le principal pour moi est que je revienne te voir , ma douce, que nous passions notre dimanche dans notre petit nid douillet et que tu prépare tes bons petits plats.

L'accident c'est passé la veille au soir. Moi et mon compagnon Matthieu Bouchard étions chargés d'aller chercher la nourriture pour la semaine. A 23h, nous avancions à pas de velours pour ne pas réveiller l'esprit sanguinaire des diables bruns, lorsque mon compagnon tomba dans un fossé de boue. Et c'est alors que le fameux concert des mitrailleuses a commençé. Nous avons essayé de nous protéger derrière des sacs de sables mais le drame est arrivé. Mon compagnon a été touché à la tête et est mort sur le coup. Moi essayant de le porter, j'ai reçu une balle à la fesse. C'était un grand moment de solitude, son corps gisant dans mes bras.

Tu sais ici, les conditions de vie sont horribles. Quelle vie! Nous vivons dans la boue, la terre, la pluie. On en trouve de partout, dans nos poches, nos mouchoirs, dans nos habits et même dans ce qu'on mange. On est teint de marron, de noir, pétri. Nos compagnons sont les rats , les poux et les morpions. Les plus intelligents on des tactiques pour s'en débarrasser. Il ya un véritable problème de promiscuité, nous dormons à 15 dans un espace confiné.Nous avons très mal au ventre car nous tenons la journée avec un seul repas.

Certains pour régler tou ces problèmes s'automutilent mais hélas la seul chose qu'ils gagnent est un ticket pour la cour martial.

Et quand le jour se lève, l'horreur des tranchées commence . Les bombardements, les obus, le chant des mitrailleuses sont notre quotidien

Et enfin, la mort. La mort est une chose que nous poilus, côtoyons tout les jours. Nous voyons tout les jours, un de nos compagnons partir sous nos yeux.C'est un sentiment de grande tristesse, une chose que je n'oublierai jamais.

Je te quitte ma douce, et j'espère te revoir dans les prochains jours. Prie pour moi et mon retour. Je pense à toi à chaque instant et l'idée de te revoir est mon plus grand voeux.

 

 

A bientôt, mon ange , ma bien-aimée

Boris

Amandine et Nadège

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