Lettre de Poilus

Publié le par classe 3°6 collège boris vian

18 Juin 1917, Somme

Ma chère épouse

 

Ma chère femme, je t'écris de l'arrière car j'ai une bonne nouvelle pour vous deux. Je vais bientôt rentrer dans notre petit nid de jeune mariés. J'espère que notre petit Gérard se porte bien . Je voudrais tant être présent lors de sa naissance. Je t'ai déjà dis que je t'aimais plus que tout. Tu sais j'ai vu tant d'horreur durant cette guerre : mes camarades tués par les tirs allemand. Te souviens-tu de Dranzy mon ami d'enfance, mon frère. Lui n'a pas pus éviter la bombe allemande qui l'a d'échiqueté, éparpillant de part et d'autre ses membres. Tout ça à cause de sa jambe restée coincée dans les barbelés.

 

Je pense, NON! J'en suis sûr, c'est la nuit le plus horrible. Le manque de toi, de ton ventre rond, des coups de Gérard et ces rats et poux qui nous ravagent. C'est terrible. Je ne peux pas fermer l'oeil. Le vent qui nous souffle les odeurs de charnier de nos compagnons morts au combat. Cela me rend malade, une envie me parvient.

 

Il y a trois jours, j'étais posté au poste d'observation. Étant agenouillé depuis quelques heures, je pris une crampe. C'est dans cette légère douleur, mais présente que j'ai oublié ce léger détails ( les allemands sont des espions, tu as certainement du entendre parler de Mata-Hari cette misérable espionne). Et c'est ce léger détail qui m'a valu le permis de rentrer chez nous. Je me suis levé est c'est là que je sentis une sensation de chaleur aussitôt remplacée par l'expulsion de mon corps contre le mur. Puis ce liquide rougeâtre, chaud dans cette pénombre à peine visible. ( Connaît-tu ce sentiment de brûlure et de fraîcheur à la fois, en même temps? Je l'espère que non c'est affreux, indescriptible. Je n'aime pas te savoir en train de souffrir. Je t'aime tellement.) Un lourd bruit valut de réveiller le Capitaine Deschanaux. Qu'est-ce que j'étais fier de savoir qu'il se levait rein que pour moi, par ma faute, se misérable, se pourri. Il m'a dit : « C'est bon, tu va pouvoir rentrer chez toi » . Quelle joie même si la douleur est plus grande encore.

 

Le jour suivant je passais devant le Conseil de Guerre et là j'ai eu la confirmation de ce que m'avait promis Deschanaux. Je rentre à la maison. Ma chérie prie pour moi, pour que mon retour se passe bien, pour mes compagnons. Que Dieu les protègent. Heureusement que l' Homme a un minimum de cervelle pour mes camarades encore au Front. La construction des tranchées rendent impossible la grande offensive.

 

Je pense que dans quelques jours je serais chez nous, en famille ( si tout se passe bien! Je l'espère... Prie mon amour, prie). En se qui concerne ma blessure ne t'inquiète pas, elle me fait encore mal certes mais auprès de toi plus rien ne me fait mal, il y a une grande une immense joie, un grand bonheur. Je t'aime à très bientôt...

 

Jeune mari qui t'aime

Jean-Pierre.

Coralie et Anaëlle

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