Lettre de Poilus

Publié le par classe 3°6 collège boris vian

16 Décembre 1915

Verdun

 

Ma chère épouse .

 

 

Je pense très fort à toi, au moment où je t'écris je sais que je vais être transporté à l'arrière. Je me suis blessé à l'épaule droite, je souffre énormément. J'ai les nerfs tendus, je suis fatigué chaque soir, je ne peux dormir par peur de me faire ronger par les rats et les poux, ont les entend grignoer, sauter, courir. C'est un grouillement permanent. Ces bêtes sont assez dures et les écraser une par une avec les ongles devient ennuyeux.

Il y a aussi la boue. Quelle vie! La boue, la terre, la pluie. On est saturés de la boue des pied a la tête, dans ses poches, dans son mouchoir, dans ses habits, dans sa soupe ... Oh! La soupe c'est infecte .

Ici, il ne reste pas un brin de verdure mais une terre grise de poudre sans cesse retournée par les obus. C'est un endroit triste, sans arrêt nous entendons des coups de fusil, des mitrailleuses, des obus. Parfois les obus tombent dans la tranchée, je vois mes camarades qui volent, du sang qui éclabousse .

Je ne peux te dire toutes les horreurs que je subis, les gaz qui rendent les hommes fous, qui se roulent par terre crachant le sang, toussant, vomissant. Puis une terrible odeur, charriée par le vent entre dans nos narines.

Je n'en peux plus. Penser à toi me donne le courage, sans toi je ne serais rien. Je veux que tu restes forte, pense à nos enfants, dis leur que je les aime très fort. Dis aussi à ma chère mère de rester forte, de ne pas s'inquiéter, ne la quitte pas , reste au près d'elle, elle était si fière que tu fasses partie de ma vie.

J'espère te revoir bientôt, pouvoir vous serrer dans mes bras mes chers enfants, et toi ma bien aimée. Sortir de cet horrible cauchemar. Je pense à vous.

Je vous aime

De Henri pour Jeanne

Henri

 

SLITI Cassandra Et SALAS Annabelle

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